La grossesse, moment clé pour détecter les violences conjugales

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Selon plusieurs études, près de 40% des cas de violences conjugales seraient déclenchés lors de la première grossesse. De plus dans 40% cas, si le conjoint est déjà violent, la violence redouble pendant la grossesse.

En France 201 000 femmes sont victimes de violences sexuelles et/ou physiques de la part de leur conjoint actuel ou d’un ancien conjoint chaque année. Parmi les cas de violences conjugales, 40% surviennent au moment de la première grossesse et 40% des cas préexistants s’aggravent durant cette période.

Certains spécialistes parlent de la grossesse comme un facteur de risque d’apparition des violences conjugales. Les raisons ? Le déséquilibre créé par l’arrivée d’une troisième personne dans l’intimité du couple, la plus grande vulnérabilité de la femme durant cette période ou encore le fait que la femme devienne le centre de l’attention pour l’entourage du couple, sont des hypothèses avancées pour expliquer les statistiques.

La violence durant la grossesse s’apparente à l’alcool ou au tabac en termes de risque pour le développement de l’enfant. Les femmes victimes de sévices ont 3 fois plus de risques d’accoucher prématurément que la moyenne. « Une grande proportion d’entre elles (7%) ont accouché à la maison, pas par choix mais par contrainte, un tiers d’entre elles ont reçu des coups sur le ventre et 82% ont subi des violences sexuelles », selon les résultats d’une étude datant de 2012 rapporté par Emmanuelle Piet, médecin de protection maternelle et infantile, présidente du collectif féministe contre le viol.

Le suivi de grossesse reste un espoir pour détecter les violences, car c’est une période durant laquelle la femme va rencontrer de nombreux professionnels compétents pour repérer ces situations. Rappelons également que 23% des demandes d’interruption volontaire de grossesse sont directement liées à des violences sexuelles et/ou physiques au sein du couple ou de la famille.