Grossesse sous Rouaccutane, les risques encore trop minimisés

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Le centre de pharmacovigilance de Tours a noté un nombre encore trop élevée de femmes enceintes sous Isotrétinoïne, médicament plus connu sous le nom de Roaccutane. Ce puissant anti acnéique peut entrainer des malformations chez le fœtus durant le traitement et jusqu’à un mois après son arrêt.L’Isotrétinoïne, ou Roacutane, est fortement contre indiquée chez la femme enceinte ainsi que chez les femmes en âge de procréer ne disposant pas de moyen de contraception efficace. La raison ? Ce médicament, très efficace pour traiter les acnés sévères est un fort agent tératogène. En effet, il entraine des malformations chez l’enfant à naître dans 20 à 25 % des cas. Les organes qui sont les plus touchés sont le cœur, le système nerveux central et l’oreille.

Encore trop de grossesses malgré la prévention

En théorie la prise de Roaccutane s’accompagne automatiquement d’un moyen de contraception efficace. Cependant, le centre de pharmacovigilance de Tours a noté que ce n’était pas toujours le cas en pratique. Après une étude de suivi de médicament de sur 25 ans, il apparaît que trop de femmes tombent enceintes pendant leur traitement. Entre 1987 et 2011, 741 femmes sous Roaccutane sont tombées enceintes.

Selon les auteurs de l’étude, « ces grossesses étant presque toujours évitables, car le plus souvent dues à un non-respect des conditions de prescription et de délivrance ». Le plus important est de renforcer la prévention auprès des patientes afin d’encore réduire le nombre de grossesses accidentelles sous traitement.

Un suivi renforcé dès 2010

Pourtant, au vu de la dangerosité de ce traitement sur la santé d’un enfant à naître, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), a instauré en 2010 le carnet-patiente. Ce document doit être présenté par la patiente à chaque consultation et chez le pharmacien. Il indique obligatoirement la date du dernier test de grossesse ainsi que la méthode de contraception. Malheureusement, les auteurs de l’étude déplorent l’absence des carnets-patientes chez certains médecins.