Grossesse : ni tabac, ni cigarette électronique

PARTAGER SUR
© DR

Selon l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) les vapeurs de cigarette électronique, contenant ou non de la nicotine, pourraient avoir un impact négatif sur le développement du fœtus.

Lors de l’assemblée annuelle de l’AAAS, un trio de chercheur annoncé les résultats d’une étude menée sur des souris et sur des hommes montrant que l’exposition au tabac et autres produits de substitutions tels que les cigarettes électroniques avaient un impact sur les fonctions cardiaque, respiratoire et reproductrice.

Des résultats inquiétants chez la souris

Les chercheurs ont mesuré les effets d’une exposition à des vapeurs de cigarettes électroniques, avec et sans nicotine, pendant la grossesse et après la naissance chez la souris. Ils ont observé des modifications au niveau de l’expression de certains gènes du cortex cérébral.

Ces modifications ont entraîné des troubles comportementaux proches de la schizophrénie chez les animaux. De plus, selon le docteur Zelikoff, une des co-auteurs des travaux, les produits de cigarettes électroniques sans nicotine ont encore plus d’impact sur l’expression des gènes que les produits avec nicotine. A l’âge adulte, ces souris présentent également des problèmes hépatiques et cardiaques que l’on ne retrouve pas ou peu chez les souris non exposées.

Au vu de ces résultats le docteur Zelikoff s’inquiète de l’utilisation de la cigarette électronique durant la grossesse. En effet, ce produit est présenté comme plus sûr que les cigarettes classiques et séduit de nombreuses femmes enceintes qui souhaitent réduire leur consommation de tabac.

Et chez l’homme ?

Afin de connaitre l’impact de ces substituts à la cigarette chez l’homme, les chercheurs ont également analysé des échantillons de mucus nasal chez des fumeurs, des utilisateurs de cigarette électronique et des non-fumeurs. Sur 600 gènes impliqués dans la réponse immunitaire, ils ont remarqué la suppression de 53 d’entre eux chez les fumeurs de cigarette. Ces gènes, et 305 autres étaient supprimés chez les utilisateurs de cigarettes électroniques.

« Bien sûr, d’autres études doivent être faites car la recherche en matière de toxicologie des e-cigarettes et leur toxicité potentielle est à la traîne par rapport à la fabrication de ces produits. Nous avons besoin de rattraper son retard dans ce domaine », a déclaré le docteur Zelikoff.