Grossesse : les dangers du paracétamol

PARTAGER SUR

Une nouvelle étude, publiée dans The International Journal of Epidemiology, revient sur les dangers que peut présenter le paracétamol chez la femme enceinte.

Antalgique pourtant très utilisé par les femmes enceintes, le paracétamol pourrait accroître les risques d’autisme et de troubles du développement chez les enfants qui y ont été exposés durant la grossesse.

Si pour l’instant le médicament n’apparaît pas sur les listes des médicaments à bannir pendant la grossesse, puisque considéré comme inoffensif selon le Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT), plusieurs études commencent à s’interroger quant à l’impact de l’antalgique sur la santé des nouveau-nés.

Le paracétamol et les risques de troubles du développement

Récemment, c’est une étude du Centre de recherche en épidémiologie environnementale de Barcelone qui a mis en avant un risque de troubles du développement chez l’enfant. Réalisée auprès de 2644 “couples” mères-enfants, cette étude s’est divisée en trois groupes distincts. D’un côté les chercheurs ont travaillé avec des femmes qui avaient consommé par intermittence du paracétamol, de l’autre les femmes qui en ont consommé de manière régulière et enfin celles qui n’y ont jamais eu recours durant la grossesse.

Les enfants qui ont participé à l’étude ont été suivis durant les neuf mois de grossesse, à l’âge de un an ainsi qu’à cinq ans. Les résultats sont surprenants puisqu’environ 30% des enfants (filles et garçons), exposés au paracétamol développent durant l’enfance des troubles de l’attention ainsi que de l’hyperactivité. En ce qui concerne les risques de troubles autistiques, ces derniers sont plus importants chez les sujets masculins. En effet, les symptômes qui évoquent un trouble autistique ont plus de chance de se développer chez un garçon même si aucun diagnostic n’établit, encore, de lien direct entre le paracétamol et l’autisme.

Selon, Claudia Avella-Garcia, co-auteur de l’étude, « Nos résultats suggèrent la présence d’une perturbation endocrinienne et androgène, à laquelle les cerveaux masculins peuvent être plus sensibles ».

En définitive, si des interrogations apparaissent aujourd’hui au sujet du paracétamol, pour l’instant le CRAT insiste sur le fait que « les données publiées sont très nombreuses et rassurantes ». Les risques ne sont pas encore prouvés à 100%, par conséquent le paracétamol reste un médicament prescrit notamment afin de soulager des douleurs.