Grossesse et cancer : plus de fatalité

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Avant, le cancer gynécologique de la femme enceinte entrainait souvent une interruption de grossesse. Grâce à Philippe Morice, chirurgien gynécologique auteur d’une récente étude, les deux peuvent « cohabiter » sans s’affecter.Sous forme de cancer du sein, du col de l’utérus, du sang, le cancer gynécologique concerne une femme pour mille. La lutte contre ce cancer vient de faire une avancée significative, en matière de grossesse.  Jusqu’ici, un cancer plaçait la femme enceinte devant le choix entre abandonner sa grossesse pour commencer un traitement, ou donner la vie à ses risques et périls. Une période révolue pour le professeur Philippe Morice de l’Institut Gustave Roussy de Villejuif. Lui et son équipe viennent de publier trois études sur la question dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet.

Enceinte avec un cancer gynécologique: enfin du cas par cas

L’étude révèle que les stratégies, la prise en charge et la marche à suivre en cas de cancer gynécologique a évolué et que la réponse de l’arrêt brutal de la grossesse n’est plus automatique. Les praticiens préfèrent le cas par cas. Il n’y plus de procédures standardisées. Autrefois, la chimiothérapie était systématiquement contre-indiquée pendant la grossesse, d’où l’obligation de la stopper. Maintenant, si le traitement n’est toujours pas préconisé avant le premier trimestre, on sait que durant le reste de la gestation son utilisation ne cause pas les dommages redoutées sur le fœtus.

La fin de la généralisation vers le au cas par cas permet un meilleur arbitrage. Plusieurs facteurs vont permettre aux médecins de prendre la meilleure décision possible : la précocité du diagnostic, la nature et l’étendue du cancer et l’échéance de la grossesse. Et si les professionnels de santé tendent « de plus en plus vers une préservation de la grossesse, quand cette stratégie n’impacte pas le pronostic des patientes en ce qui concerne leur cancer »,  selon Philippe Morice, il précise tout de même que « ces grossesses exposent à un risque de naissance prématurée, naturelle ou induite ».