Doit-on légiférer pour interdire l’alcool pendant la grossesse ?

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Au Royaume-Uni, une femme est jugée pour avoir consommé de l’alcool durant sa grossesse, ceci ayant entrainé des séquelles chez sa fille. Cette affaire soulève une question complexe, doit-on légiférer pour interdire l’alcool pendant la grossesse ?

Une mère est jugée au Royaume-Uni car selon des experts, l’état de santé de sa fille est une conséquence de la consommation d’alcool durant sa grossesse. La petite fille âgée aujourd’hui de sept ans souffre en effet d’un retard d’apprentissage et de séquelles physiques liés à des lésions cérébrales survenues au cours de son développement.

Il est avéré que pendant sa grossesse, la mère souffrait d’une grave addiction à l’alcool qu’elle n’a pas réussi à surmonter. Bien qu’elle ait rencontré un travailleur social par deux fois lui expliquant les dangers du syndrome de l’alcoolisation fœtale, cela n’a pas aidé cette mère à sortir de son alcoolisme. Aujourd’hui, la justice s’est saisie de l’affaire et si la Cour d’appel la condamne, le cas pourrait faire jurisprudence et ouvrir la voie vers une interdiction répréhensible par la loi de boire de l’alcool pendant sa grossesse, comme aux États-Unis.

Un cadre juridique, fausse bonne idée ?

Selon Denis Lamblin, pédiatre et président de l’association SAF (Syndrome d’alcoolisation fœtale) France, interrogé par nos confrères de L’Express, la pénalisation de la consommation d’alcool pendant la grossesse n’aiderait pas les mères à lutter contre leur addiction. Au contraire, il rappelle que les mères « malades de l’alcool » ont besoin d’accompagnement. « Au lieu de faire culpabiliser les mères, il faut prendre conscience que la responsabilité n’est pas entièrement la leur, mais aussi celle de la société qui rend taboue la maladie de ces femmes, des alcooliers qui ciblent de plus en plus les femmes en âge de procréer, du manque de prévention », explique-t-il toujours dans L’Express.

Le syndrome d’alcoolisation foetale en quelques chiffres

L’alcoolisation fœtale est la première cause de retard psychomoteur en France, elle concerne entre 400 et 1200 naissances chaque année selon la Haute autorité de santé. La consommation d’alcool peut avoir diverses conséquences sur le développement de l’enfant à naître et se traduire par un retard mental ou moteur, des troubles du comportement etc. En tout près de 400 pathologies peuvent découler d’un syndrome d’alcoolisation fœtale.

En France malgré la mise en place en 2007 du logo « zéro alcool pendant la grossesse », 23 % des femmes enceintes déclaraient avoir bu de l’alcool dans une étude réalisée en 2010 par l’Inserm.

Pour en savoir plus sur le syndrome d’alcoolisation fœtale : www.saffrance.com